08 janvier 2011

Quelques regards suffisent ²

[Voilà une suite, pas celle de N, désolée l'inspiration ne vient pas en ce moment, mais celle de "Quelques regards suffisent" je vous laisse à la lecture =)]

Si un jour on lui avait dit qu’il rencontrerait l’amour au hasard d’un wagon il se serait volontiers prêté au jeu d’y croire mais de là à y croire vraiment tout de même !

Le lendemain au journal sa bonne humeur se répandit parmi toute l’équipe, le bâtiment qui d’ordinaire ressemblait plutôt à une ruche en ébullition et prête à exploser à tout moment pouvait ce jour là être comparée à une fourmilière organisée dans laquelle chacun semblait savoir exactement ce qu’il avait à faire. Ou était-ce un effet de l’imagination d’Arthur qui semblait alors sans limite ? Peut-être, peut importe à vrai dire… Lila devait finir à 16h, lui 18h. 15h30 tout sourire il arriva dans le bureau de Saint Aimable, comme tous les employés aimaient à appeler leur patronne toujours renfrognée, un article à la main.

- Je peux vous interrompre une minute Madame Dubet ?

- Vous avez une bonne raison ? répondit-elle sans lever les yeux du projet de première page du lendemain.

- J’ai fini mon article sur la pétition contre la nouvelle autoroute et j’aimerais terminer le reste chez moi… si vous n’y voyais pas de problème bien sûr, il dit cela d’un ton assuré mais pas hautain mais en croisant les doigts derrière son dos.

- Faites moi voir ça, hum il a l’air correct. Vous avez de la chance je suis de bonne humeur aujourd’hui, permission accordée mais je veux qu’en plus vous me trouviez une nouvelle idée pour l’encart gauche de la première de demain, enfin  pas une idée d’article vous m’aurez comprise, une image, une accroche. Et je la veux avant 22h dans ma boîte mail.

- Je vous remercie et je vous envoie cela dès que possible.

- C’est ce que j’attends de vous alors faites le correctement si vous ne voulez pas vous retrouver à la rubrique des chiens écrasés. Maintenant si vous pouviez me laisser j’ai du travail, elle replongea dans ses papiers et ne lui adressa rien d’autre qu’un signe de la main.

Quand il se retourna Arthur avait un grand sourire et il se surprit même à esquisser un petit pas de danse pour regagner son bureau. Ses collègues l’observèrent incrédules, c’était bien la première fois que quelqu’un ressortait du bureau de Saint Aimable un sourire aux lèvres, encore moins un nouveau. Curieuse, Samantha la jolie brune du service, se glissa près de la porte d’Arthur.

- Tu lui as fait quoi à Saint Aimable pour pouvoir ressortir de son bureau si joyeux ?

- Oh rien de spécial je lui ai rendu mon article et lui ai demandé une permission de partir plus tôt ce soir, d’ailleurs je dois y aller. Au fait si vous avez quelque chose à lui demander c’est maintenant, elle m’a dit elle-même qu’elle était de bonne humeur !

Samantha le regarda médusée, sortir de son bureau et lancer un « A demain tout le monde ! » auquel la plupart des journalistes présents de répondit pas, plongé dans leurs articles. Mais Arthur s’en fichait comme de son premier bonnet, il avait le cœur léger il allait la retrouver, lui faire la surprise.

- Mlle Bergson, si c’est pour rêvasser ce n’est pas la peine de venir à mon cours.

- Désolée monsieur, je me concentre, répondit Lila en se raccordant à la réalité.

- Te concentrer mon œil ! Tu n’as pas réussi à copier une phrase en entier depuis le début du cours ! lui rétorqua Marie avec un clin d’œil

- Hum ce n’est pas faux… tu me prêteras ton cours dis ?

- Seulement si tu m’explique ce qui t’empêche de suivre un cours que tu apprécies tant d’habitude ! j’ai cru comprendre que Antoine et toi c’était fini pourtant…

- Oui… j’ai eu le courage de lui dire ce que j’avais sur le cœur, c'est-à-dire que l’on n’était vraiment pas fait l’un pour l’autre. Si tu veux après le cours on va boire un café et je te raconte ?

- Ca marche !

- Vous n’allez pas vous y mettre non plus Mlle Lecoque ?

- Non désolée M’sieur j’expliquais à Lila ce que vous expliquiez juste avant.

- Et bien vous aurez le temps de lui expliquer quand le cours sera fini… ce qui évidemment ne va pas tarder. Vous me faites perdre du temps mesdemoiselles, je finirai donc mon cours même si pour cela je dépasse quelque peu l’horaire prévue !

Un léger sentiment de protestation survola les rangs mais vraiment très léger car chacun savait que la fin du semestre approchait et que lorsque Monsieur Paudeflaé commençait à s’énerver il ne valait mieux pas le contredire.

Dehors Arthur attendait adossé à sa voiture, son ventre faisant des bonds à chaque fois qu’un groupe d’étudiants sortait. 16h15 toujours pas de Lila en vue, y avait-il une autre sortie ? Était-elle partie travailler à la bibliothèque ? Il aurait dû l’avertir qu’il passerait. Alors qu’il s’apprêtait à lui envoyer un message il releva la tête et la vit accompagnée d’une de ses amies toutes deux apparemment soulagées de sortir du cours. Il s’avança de quelques pas, le sourire scotché aux lèvres.

Quand elle l’aperçu Lila s’interrompit dans son histoire, s’excusa auprès de Marie, lui promis de tout lui raconter plus tard. Cette dernière fit mine de bouder une seconde puis lui colla un baiser sonore sur la joue et partit dans l’autre sens non s’en lui adresser un clin d’œil qui était incontestablement sa marque de fabrique. Alors Lila eu plus l’impression de flotter, de glisser sur le sol plutôt que de marcher et lorsqu’elle arriva à sa hauteur elle eu un instant d’arrêt puis son visage se fendit d’un plus large sourire encore avant que ses lèvres s’approchent avec impatience de celles d’Arthur. Lequel avait imaginé le pire en la voyant s’arrêter à quelques centimètres de lui. Il lui rendit tendrement son baiser avant de reculer à contre cœur et de lui lancer un joyeux « Surprise ! ».

- Je ne voulais pas te déranger, si tu avais prévu autre chose avec ton amie, je peux revenir plus tard ou…

- Ah non tu es là je te garde ! et puis j’adore les surprises, l’interrompit-elle

- Ça me va tout à fait ! je ne voulais pas attendre plus longtemps pour te voir, je ne sais pas ce qui nous arrive mais en tout cas je suis complètement à côté de la plaque en ce moment !

- Je te comprends ça me fait cet effet là aussi, c’est d’ailleurs pour ça que je devais rentrer avec Marie, je n’ai pas réussi à suivre la moindre phrase que dictait le prof ! Mais ne t’inquiètes pas elle m’envoie le cours pas mail en rentrant, ajouta Lila avant qu’il ne proteste.

- Si tu n’as rien de spécial à faire, ça te dirais que je t’emmène faire un tour ? demanda-t-il sans vraiment réussir à la regarder dans les yeux.

- Avec plaisir, de toute façon je n’ai pas la tête à travailler ! Où va-t-on ?

- Tu verras bien, dit-il d’un ton mystérieux en lui ouvrant la porte de la voiture. Par contre avant ça il faudrait que je passe par mon appartement je voudrais me changer et j’ai un truc à envoyer à ma patronne avant ce soir.

- Bien-sûr.

Ni l’un ni l’autre ne l’avait vu trop absorbés par leurs retrouvailles, mais de l’autre côté de la rue Antoine venu avec la même intention qu’Arthur les observait d’un regard noir et malheureux à la fois. Il dû attendre d’avoir repris ses esprits avant de prendre la volant car ses pensées étaient tout sauf claires et il avait déjà payé pour savoir que conduire dans ces moments là n’était pas vraiment recommandé.

Le long de la route, Arthur eut du mal à se concentrer sur sa conduite et arrivés en bas de son immeuble il angoissa un instant sur l’état de son appartement puis il se dit que ce n’était pas si grave, ce n’était tout de même pas un champ de bataille. Il s’excusa quand même tout en ouvrant la porte et Lila lui répondit de ne pas s’inquiéter, elle n’était elle-même pas une reine du ménage. Il lui proposa quelque chose à boire le temps qu’il se change, elle accepta volontiers et parcourut l’appartement son verre à la main.  

- Tu as des frères et sœurs, lui demanda-t-elle en passant devant des photos.

- Oui deux sœurs jumelles de 15ans, Manon et Margot et toi ?

- Un grand frère, enfin grand par la taille seulement il est plus jeune que moi !

Avant de la rejoindre, Arthur s’arrêta devant la glace de la salle de bain en essayant de plaquer une mèche rebelle, en vain, puis l’observa un instant divaguer dans la salle-salon-chambre. Il apprécia la silhouette qu’il, il y a peu de temps encore, espérait voir apparaître à chaque coin de rue, café sur la place, siège de bus… et réalisa alors l’étrangeté de leur relation. Elle le sortit de sa rêverie en s’approchant de lui et lui demanda s’il était prêt. Encore quelques minutes, une dernière chose à régler pour son travail et ils pourraient partir, il avait d’ailleurs besoin d’elle.

- Si tu ne peux déjà plus te passer de moi… je dois faire quoi ? questionna-t-elle un petit sourire sur les lèvres.

- Euh je… je ne t’oblige à rien tu sais… si tu n’as pas envie… bredouilla-t-il un peu perplexe au vu de la réaction de la jeune fille.

- Je sais bien ne t’inquiètes pas, je disais ça pour plaisanter, je t’aide avec plaisir.

Il lui rendit son sourire tout en cherchant à retrouver pourquoi il avait besoin d’elle, le contact avec ses yeux avait un effet très particulier sur ses neurones. La correction de la première page leur pris peu de temps, le tout vu envoyé à Saint Aimable et voilà nos deux jeunes gens de nouveau en voiture.

Posté par Flofairy à 02:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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